ACTIVITÉS NUMÉRIQUES – Très tôt (dès la première phase de l’essor d’Internet) il m’est apparu qu’au-delà des nombreux bavardages suscités dans ce domaine, le numérique permettait désormais une diffusion accrue de la recherche en sciences humaines – ce qu’on a nommé peu à peu les « humanités numériques ». Sans trop s’attacher aux spéculations théoriques devenues légion autour de ces questions, au fil du temps, j’ai réalisé, fabriqué. Quoi ? Des sites, des outils, des mises en réseaux concernant mes sujets de prédilection autour desquels ces outils manquaient : avant tout Saint-John Perse et Édouard Glissant mais aussi, pour l’Institut du Tout-Monde et au gré des activités que j’y ai développées aux côtés de Sylvie Glissant et moyennant la mise en place d’un réel pôle numérique, d’autres outils innovants concernant entre autres la mémoire de l’esclavage, la traductologie, et les déclinaisons multiples des missions de l’ITM.

Fondé en 2002 « pour les fervents et les profanes » comme l’annonce encore la page d’accueil, le site « Saint-John Perse, le poète aux masques », Sjperse.org : biographie, parcours et analyse de l’œuvre, références, documents multimédias, actualités, relais d’activités de recherche concernant le poète Saint-John Perse, Prix Nobel de littérature 1960.
Sjperse.org est issu initialement d’un travail de recherche effectué dans le sillage de l’une de mes deux contributions au colloque international « Postérités de Saint-John Perse » organisé par Éveline Caduc en 2000 à l’Université de Nice Sophia-Antipolis (actes édités en 2002, ILF-CNRS « Bases, Corpus et Langages » / Association des Amis de la Fondation Saint-John Perse). L’une de ces contributions donc (l’autre étant une communication sur Senghor/Saint-John Perse dont il est fait état dans la rubrique Articles de ce site) avait consisté dans la présentation d’un projet de CD-Rom multimédia avec un collègue de l’Université d’Aarhus au Danemark, Adam Aegidius (j’étais alors rattaché aux Cours de Civilisation française de Paris IV), un projet numérique intitulé « L’oiseau natif de l’art : Saint-John Perse, George Braque et Olivier Messiaen ». Ce projet entièrement mis au point pour le colloque, il avait été question par la suite de l’éditer dans l’une des maisons d’édition numériques ayant développé au cours des années précédentes des cd-rom culturels. Or ce secteur a vite périclité, en raison notamment des coups de fabrication mais aussi d’une technologie devenue vite obsolète avec le développement d’Internet. J’ai décidé alors de mettre le projet en ligne, mais d’en profiter aussi pour développer un réel site Internet complet concernant Saint-John Perse, qui devienne la référence en la matière. En 2002, j’ai donc acquis le nom de domaine Sjperse.org et mis en ligne un vaste outil comprenant biographie, présentation de l’œuvre, outils d’analyse textuelle, éléments multimédias, bibliographie, etc. Ce site n’a cessé dès lors de se développer et garde en son sein les différents éléments consultables de son développement. Ce développement a connu un moment à la fois d’accélération et d’enrichissement notable en 2006, quand le site a donné naissance à la revue La nouvelle anabase éditée chez L’Harmattan, et dont il est question plus amplement à la rubrique Recherche. L’année suivante, 2007, a été aussi un moment fort dans les activités du site, au moment où des œuvres de Saint-John Perse étaient présentes dans le programme d’agrégation de Lettres. Le site est encore amené à perpétuer dans les années à venir ce rôle de renouveau des études persiennes, comme il en sera à nouveau question très prochainement. Sjperse.org est donc et sera encore l’incarnation des nombreux projets auxquels s’adosse le site et La nouvelle anabase.

Fondé en 2006, « Édouard Glissant, une pensée archipélique », ÉdouarGlissant.fr est le site officiel d’Édouard Glissant, selon sa propre décision. Dès sa phase préparatoire, le site a été désigné en 2005 par l’écrivain comme le lieu numérique officiel de présentation de son parcours et de son œuvre littéraire. Il bénéficie à ce titre du label de « site officiel » et en tant que tel, ÉdouardGlissant.fr se décline comme une plateforme d’animation de la recherche glissantienne, en liaison avec le Centre international Édouard Glissant (CIEEG) de l’Institut du Tout-Monde.
C’est en octobre 2006 que naissait le site officiel d’Edouard Glissant, avant de disparaître temporairement en 2009, en raison de la cessation d’activité de l’hébergeur dont il dépendait alors. Nombreux ont été surpris de cette éclipse, mais ainsi est faite la vie des sites Internet quand ils sont soumis à l’aléatoire fluctuation des plateformes d’hébergement. Il aura fallu depuis lors effectuer un certain nombre d’ajustements techniques pour renaître le 21 février 2011, quelques jours donc après la mort du poète. Le décès d’Edouard Glissant et l’émoi international qu’il a provoqué rendaient plus que jamais nécessaire cette nouvelle mise en ligne, définitive celle-là. La mission d’un trait d’union entre les fervents de cette œuvre solaire, ainsi que l’office d’une diffusion large de son message humaniste, sont depuis lors et de nouveau les ferments de cette nouvelle formule du site, Edouard Glissant.fr.
À propos des circonstances de l’élaboration du site, je repense à ce moment où l’écrivain m’avait demandé de m’y atteler (ce qui fut pour moi un honneur) et m’avait grandement aidé de ses conseils et de ses indications, en 2006. Je me souviens de longs après-midis passés alors rue Saint-Guillaume à l’interroger sur tel ou tel détail biographique, ou à lui présenter les états d’avancement de l’interface du moment. Je me souviens de la bienveillance qui fut la sienne, de son haut niveau d’exigence, de son accueil toujours chaleureux, de l’incroyable enrichissement que constituait le moindre échange avec lui. Je me souviens de la ferveur du colloque de Carthage qui avait marqué, un an auparavant, la genèse du projet de ce site officiel et de l’imprimatur reçue en ouverte générosité de la part du poète. Je me souviens du soutien indéfectible de Sylvie Glissant quand, encore un an en arrière, elle m’avait permis de concrétiser le projet d’une participation de l’écrivain à une discussion publique organisée avec Pierre Oster dans le cadre d’un colloque Saint-John Perse en Sorbonne. Ce site Internet, a pour objet essentiel de faire partager une passion et une ferveur glissantiennes qui nourrissent tant de lecteurs par le vaste Tout-Monde. Que chacun s’en saisisse, et puisse son usage s’avérer d’une quelconque utilité dans la sensibilisation des uns et des autres à l’œuvre incandescente d’Edouard Glissant. Depuis 2018, le site est étroitement lié aux activités du CIEEG que j’ai mis en place au sein de l’Institut du Tout-Monde, et notamment des activités de la revue du centre, Les Cahiers du Tout-Monde.

À partir de 2013, après avoir pris en charge grâce à Sylvie Glissant l’ensemble des aspects ayant trait à Internet pour les nombreuses réalisations de l’Institut du Tout-Monde, j’y coordonne un réel pôle numérique qui peu à peu va s’accroître et constituer un nouveau levier d’action pour cette institution fondée par Édouard Glissant en 2006 à Paris. Ce pôle qui fait appel ponctuellement à des équipes techniques diverses selon les projets, coordonne l’ensemble des outils numériques mis en place à partir du site principal de l’Institut du Tout-Monde (www.tout-monde.com).

Le premier outil d’envergure mis en place dans le sillage de la création de ce pôle numérique et en complément au site principal de l’ITM fut dès 2013 le site « Les mémoires des esclavages et de leurs abolitions » (www.lesmemoiresdesesclavages.com), destiné à relayer et amplifier le programme de sensibilisation « Mémoires des esclavages » mené par l’Institut du Tout-Monde dans les établissements scolaires d’Île-de-France, alors avec le soutien de la Région IDF.
Dès sa mise en place, le site affirme une double vocation, puisqu’il présente à la fois un versant pédagogique et un « Mémorial virtuel », intuitif mais également informatif. Et puis en 2015, « Les Mémoires des esclavages et de leurs abolitions » devient une plateforme numérique qui, en plus du site pédagogique et du Mémorial virtuel, accueille le premier et unique MOOC consacré à la traite transatlantique et à l’esclavage colonial : « Connaître l’esclavage ». Ainsi conçu et élargi, la plateforme numérique devient sur Internet le pivot de l’action déployée par l’ITM dans le champ de la sensibilisation à cette histoire et cette mémoire.

Ce MOOC innovant mis en place en 2015 au sein de la plateforme « Les Mémoires des esclavages et de leurs abolitions » a été un événement lors de son lancement en matière de ressources numériques ayant trait à l’histoire et la mémoire de l’esclavage. Deux niveaux d’apprentissage, des ressources riches et variées, fruits de partenariats avec le CNRS, Sciences Po Bordeaux, la FMSH.

Deuxième MOOC mis en place par le pôle numérique de l’ITM, « Parcours de traductologie », fruit d’un partenariat avec la SoFT (Société française de traductologie), dans le cadre du Premier Congrès mondial de traductologie tenu à l’Université de Nanterre en avril 2017. J’y avais dirigé l’un des ateliers, nommé « Traductologie, hybridation, créolisation » et présenté une communication intitulée « La traductologie au risque de la créolisation. Approche de la Relation traduisante d’Édouard Glissant », dont il est question dans la rubrique Recherche de ce site.

En 2018, à l’occasion du colloque international en trois sessions « Édouard Glissant et Le Discours antillais : de la source au delta », la nécessité s’est manifestée de fonder au sein même de l’Institut du Tout-Monde, un pôle entièrement dédié à l’étude de l’œuvre d’Édouard Glissant, et au renouvellement des études glissantiennes. J’ai donc fondé le CIEEG sur ces objectifs-là, avec comme levier de diffusion une revue d’études glissantiennes, Les Cahiers du Tout-Monde (voir encore la rubrique Recherche), et un site dédié au CIEEG, hébergé par le site de l’ITM.

En 2022, nous lançons avec Sylvie Glissant l’opération « La Traversée des Mémoires », projet pédagogique de l’Institut du Tout-Monde mené avec les académies scolaires de Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Paris et IDF, Nantes, Bordeaux, Rennes, le Sénégal, le Gabon. Cette vaste opération qui se répartit sur 2022 et 2023 est diffusée et pérennisée au moyen d’un site Internet dédié qui regroupe toute la présentation du projet ainsi que l’ensemble des documents multimédias afférents.
