ÉDITION – Cette rubrique rend compte de l’une des réalisations effectuées avec Sylvie Glissant au sein de l’Institut du Tout-Monde, qui marque un réel tournant pour l’institution, et dont nous avons lieu d’être fiers. En 2020, compte tenu à la fois du grand nombre de textes à éditer issus des propres travaux de l’ITM mais aussi de la volonté de diffuser un certain nombre de textes, nous avons décidé de fonder notre propre maison d’édition. Le pôle éditorial de l’Institut du Tout-Monde, sous le nom des Éditions de l’Institut du Tout-Monde, existe donc depuis juillet 2020.

Les Éditions de l’Institut du Tout-Monde comprennent à ce jour 6 collections : Idées, Recherche, Revues, Arts, Poésie, Roman. Je dirige spécifiquement la collection Recherche ainsi que la revue Les Cahiers du Tout-Monde au sein de la collection Revues. La coordination de cette collection Recherche permet bien des réalisations et ouvre certaines perspectives enthousiasmantes.
Personnellement, l’expérience de La nouvelle anabase, la revue d’études persiennes que j’avais lancée aux Éditions L’Harmattan en 2006 m’a largement facilité non seulement la part que j’ai prise dans la création des Éditions de l’Institut du Tout-Monde, mais aussi la coordination de cette collection Recherche qui a d’ailleurs débuté par l’édition des actes des colloques de 2012 (Saint-John Perse Aimé Césaire, Édouard Glissant : regards croisés) et de 2019 (Édouard Glissant et Le Discours antillais : de la source au delta) menés à l’initiative de l’Institut du Tout-Monde. Tout comme la création da la revue Les Cahiers du Tout-Monde, éditer les fruits de ces activités de recherche a été bien sûr une tâche ardue mais surtout éminemment satisfaisante.
Ce qui rehausse pour moi cette nouvelle voie de la collection Recherche au sein des Éditions de l’ITM, c’est de permettre la visibilité de travaux de recherche importants, à l’image de la première thèse que nous avons éditée, d’Aubain Pemangoyi-Leyika, Discours et représentation de l’esclavage au siècle des Lumières dans les textes juridiques, encyclopédiques et littéraires en 2022, alors même que nous nous apprêtons actuellement à publier une deuxième thèse de poids, qui enrichira considérablement les études caribéennes. Et c’est sans doute cette tâche qui est la plus enthousiasmante : au moment même où l’édition en sciences humaines s’est tant raréfiée, offrir un nouvel espace de diffusion à d’importants travaux de recherche non seulement est une tâche enthousiasmante entre toutes comme je l’ai dit, mais correspond de surcroît à une nécessité et à de vrais besoins. Avec Sylvie Glissant, nous avons conçu cet espace comme en adéquation avec l’importance qu’eurent les analyses livrées dans les champs variées des sciences sociales, esthétiques et littéraires dans l’œuvre d’Édouard Glissant. La collection Recherche se focalise sur un certain renouvellement des démarches d’analyse en matière de sciences humaines, et la revue Les Cahiers du Tout-Monde, organe éditorial du CIEEG de l’Institut du Tout-Monde comme je l’ai dit, vise un tel renouvellement dans le domaine des études glissantiennes.
La création d’un pôle éditorial comme celui-ci, la coordination d’une collection et d’une revue, permettent aussi de mettre en place un peu « sur mesure » en quelque sorte les stratégies et modalités de diffusion, tout aussi importantes que la création elle-même de ces nouveaux leviers éditoriaux. J’y suis attaché, depuis 2020 nous avons de quoi nous réjouir de la diffusion assez étonnante des titres publiés par les Éditions de l’Institut du Tout-Monde jusqu’ici. Pour ce qui est en particulier de la collection Recherche et de la revue Les Cahiers du Tout-Monde, nous nous félicitons que de tels espaces généralement réservés aux bibliothèques universitaires, touchent au contraire également un large public. Il faut l’expliquer aussi par la politique tarifaire que nous avons choisi d’adopter, visant des prix bas, contrairement aux quelques maisons qui survivent dans le champ des sciences humaines, et dont certaines ont choisi de pratiquer des tarifs souvent prohibitifs, ce qui a pour corollaire d’obérer automatiquement la diffusion des ouvrages considérés, en misant essentiellement sur les achats par les bibliothèques universitaires. Un choix que nous avons choisi de déjouer et si nous ne sommes pas les seuls dans le cas, ce choix est aujourd’hui devenu très rare. En assumant ce choix et en se donnant les moyens d’éditer ces ouvrages exigeants, les Éditions de l’ITM s’enrichiront dans les années à venir d’un catalogue croissant.
